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jeudi 18 juin 2009

Passe ton bac d'abord

Elle est passée en coup de vent, ma future (j'espère) bachelière de l'an 9, entre quatre heures de philo coeff. 7 et deux heures de littérature coeff. 4, et je l'ai trouvée étonnamment sereine. Comme on connaît mal ses enfants ! Je pensais qu'elle aurait pris comme sujet "L'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien ?" alors qu'elle a choisi "Le langage trahit-il la pensée ?". Deux sujets que les premiers profs de philo interviewés ce matin dans le reportage-marronnier de la saison, trouvaient particulièrement ardus. Avec une parfaite candeur, elle m'a annoncé : "Ou j'ai 12 ou je suis hors sujet et j'ai 5." Elle m'a lu sa problématique qui selon moi l'était peut-être, hors sujet, mais je me suis bien gardée de le lui dire (aujourd'hui, mon langage ne trahira pas ma pensée...). Elle a cité Victor Hugo (Le dernier jour d'un condamné), Voltaire (Candide), Descartes (cogito ergo, etc.) et, inévitablement, Pascal. Elle a parlé du Pape et de son discours sur le préservatif (à Ste Ge., elle prend des risques...) et de la journaliste russe assassinée dont elle ne se souvenait plus du nom (personnellement, je me serais risquée à l'écorcher et l'écris ici pour mémoire : Anna Politovskaia). Alea jacta est, de toute façon. Au programme de l'épreuve littéraire de cet après-midi : Le Guépard, Roméo et Juliette, Les Liaisons Dangereuses ou Les Pensées de Pascal. Encore lui.

dimanche 26 avril 2009

Les incontournables

Leurs terrasses de cafés sont prises d'assaut aux premiers beaux jours. Rendez-vous des amoureux. De groupes de copains partageant café et convivialité. Lecteurs solitaires du Monde ou de Libé. Fumeurs décomplexés tirant avidement sur leur cigarette. Petits enfants essayant maladroitement de garder leur paille dans l'axe de leurs petites bouches. Serveurs empressés ou ... peu pressés. Épaules et bras dénudés. Nez chaussés d'inévitables lunettes noires. Visages tournés dans la même direction.
Il en existe dans chaque ville. Leur nom seul est un signe de ralliement. Adorateurs du Dieu Soleil, ils vous aimantent. Boulevard Saint-Germain, Rue des Abbesses à Paris, Place de la Comédie à Montpellier, Allées de Tourny à Bordeaux, Place du Capitole à Toulouse, Quai Duperré à La Rochelle, Place Graslin à Nantes, Place Sainte-Anne à Rennes, Place Plumereau à Tours, où nous étions hier à midi et qui m'a inspiré ce billet... Et chez vous ?

samedi 18 avril 2009

Bribes de vie

J'aime attraper au vol des bouts de conversation, j'en fais collection. A la terrasse d'un café, au restaurant, dans la rue, dans le bus, dans le train, j'aime capter ces petits bouts de vie autour de moi, moments éphémères brièvement partagés. Morceaux choisis :
- "Ça me fait penser au père de Jocelyn, ... ça me fait penser au père de Jocelyn, ... ça me fait penser au père de mon fils..." (songeuse)
- "Elle m'a dit qu'elle n'avait pas l'intention de passer ses vacances avec moi." (dépité)
- "Après ce qu'il t'a fait le week-end dernier, tu dois le larguer." (péremptoire)
- "J'ai joué, j'ai perdu. De toute façon, ça ne dure jamais !" (théâtral)
- "Les mecs comme ça, ils cherchent les gentilles filles !" (sentencieuse)
- "Je galère grave, je trouve pas le maillot. Ou y a pas le maillot, ou y a pas la taille." (énervé, limite vénère)
- "On peut me joindre demain avant midi. Après, c'est fini." (visionnaire ?)